sommaire du site d'Echelle Inconnue

CONTACT

Administration / Production : Christophe Hubert
Diffusion / Communication : Julie Davainne
Email : mel@echelleinconnue.net
Twitter : @echelleinconnue
Tél : 02 35 70 40 05

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Depuis 1998, Echelle Inconnue met en place des travaux et expériences artistiques autour de la ville et du territoire. Ces expériences au long cours interrogent et associent les « exclus du plan » (sans-abris, Tziganes, immigrés...). Elles donnent lieu à des interventions dans l’espace public, expositions, sites Internet, vidéos, affiches, cartes, publications… Ce dont il est ici question, c’est de « l’invisible de nos villes ».

Identifié par le philosophe Paul Ardenne comme représentatif de « l’art contextuel », le travail d’Echelle Inconnue se trouve aussi parfois qualifié d’ « artiviste » ou de « relationnel » selon les auteurs. Supportant difficilement les étiquettes, Echelle Inconnue tente d’assumer, du moins en partie, l’énonciation théorique de son travail en participant ou en organisant des conférences, des colloques avec des universitaires ou d’autres groupes, au croisement des questions de l’art, de la politique, de l’architecture et de la ville, ainsi qu’en collaborant à différentes revues et publications.

Echelle Inconnue, c'est à la fois :

* un groupe de recherche et de création
Voir les projets

* un centre de formation aux questions urbaines, numériques et artistiques

* une maison d'édition

* une structure de production de films

* un espace d'exposition et un centre ressource

Echelle Inconnue met à la disposition du public un Centre Ressource. Des documents - livres, revues, journaux, mémoires, documentaires, films, etc. - y sont consultables librement.

Lieu de rencontres, de débats et de diffusion, cet espace se veut laboratoire de réflexion et d'expérimentation autour des questions de la ville (dans son acception matérielle mais aussi technologique), de l'art et de la politique.

C'est aussi là que sont restitués les travaux et expériences réalisés, en France et à l'étranger, par Echelle Inconnue (projections, installations, etc.).

« Parce que nous avons l'art pour ne pas mourir de la vérité et la connaissance pour frapper d'intranquillité le ronronnement monotone de la fabrique de la ville ».


COVID-19 : en raison de la crise sanitaire, nos locaux sont exceptionnellement fermés au public


DEMANDEZ LE JOURNAL !!

REVUE FIAT METROPOLIS
Que la Métropole soit !

À la suite de l'incendie du 26 septembre 2019, l'entreprise américaine Lubrizol, qui produit à Rouen des additifs pour les huiles moteur, a été mise en examen pour « atteinte grave » à la santé et à l’environnement.
Mais c'est à un autre examen que la revue Fiat Metropolis nous invite ici. Au-delà de l'incrimination justifiée de l'industriel, il s'agit d'entendre en quoi cet événement est révélateur (voire consubstanciel) d'une réforme majeure de notre environnement politique et urbain : la métropole.

Commander la revue Fiat Metropolis
Plus d'informations ici
Vous êtes un lieu ou une librairie et souhaitez diffuser cette revue, contactez nous : mel@echelleinconnue.net




NOUVELLES DU FRONT

LA CULTURE N'EST PAS LA SOCIETE DU SPECTACLE

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Nous ne sommes pas essentiels. Nous travaillons à l’être. Voilà pourquoi nous ne rejoignons pas la cohorte offusquée d’un monde de la culture qui n’est qu’une occurrence parfois grotesque de la société du spectacle.


L’annonce de la non ré-ouverture des salles de spectacle, d’exposition et des cinémas semble avoir émue les « professionnels de la culture » qui, par slogans, presse et plateaux télé, ont tôt fait de désigner leurs principaux concurrents : les lieux de culte et les commerçants. Ceci pourrait suffire à disqualifier des revendications d’essentialité de la culture. Il nous semble justement que cette essentialité n’est pas un fait mais, au contraire, quelque chose à construire.

Depuis septembre dernier, nos tentatives de vous convier à nos événements ont avorté. Et même si l’heure est à l’agitation spectaculaire, aux tentatives fébriles de réinventer des principes et des activités, à faire croire à qui veut l’entendre « que l’on est rien sans le public », à attester au près des différentes tutelles que l’on existe, et surtout, à faire croire que le monde était bien triste sans nous, nous ne resterons pas l’œil collé au baromètre sanitaire. Nous n’inventerons pas non plus une supposée culture de crise. Nous tirons juste doucement le rideau sur ce qui ne constitue que la partie émergée et publique de notre activité et ce, jusqu’en septembre 2021. Car le travail artistique ou culturel n’est en aucun cas l’événementiel, nous reportons, entre autre notre programme de rencontres ainsi que les Doctorats Sauvages. Nous poursuivons cependant le travail et le partagerons désormais avec vous indépendamment des imprévisions sanitaires.

Ce que remet en cause ce moment particulier, ce n’est pas la culture mais une certaine manière de la produire et de la consommer. Ce que le poète Armand Gatti appelait la culture du tiroir-caisse. Une chaîne économique, dans laquelle le spectateur est tout autant produit que consommateur, dans laquelle encore on le quantifie en jauge tout en prétendant le « rencontrer ». Bref, une certaine frange de la société du spectacle en prend un coup. Et pour se maintenir comme acteur primordial de notre société, cette frange est prête à redevenir l’espace d’expérimentation de l’adaptabilité.

Or, l’adaptabilité a été et sera sans doute encore davantage le lot des plus fragiles et relégués ; ceux, par exemple, dont l’économie tient en partie de l’arrondissement clandestin, ou simplement bricolé, des fins de mois ; ou encore ces travailleurs déplacés, officiels ou non, qui font tourner le confort de ce monde qui semble dormir.

Semble simplement ; car pendant nos hibernations forcées, le monde d’en haut fait avancer ses projets : le Grand Paris et sa métropolisation de l’axe Seine jusqu’au Havre, le développement de la première Zone Économique Spéciale de France à Port-Jérôme, la candidature de Rouen en tant que Capitale Européenne de la Culture, et l’assignation des plus pauvres à la mobilité, nécessaire à ces projets. Une reconfiguration de nos espaces, auxquels on nous demandera sans doute de nous adapter : réindustrialisation de l’axe Seine, dérogations aux droits au logement sous couvert d’entreprenariat social, établissement de nouveaux octrois écolo-vertueux autour des espaces urbains privilégiés, course à l’infrastructure et au développement « métropolisé », etc. En somme, une adaptation très française des changements politiques et territoriaux que nous observons depuis 2013 en Russie.

Nous ne nous arrêtons pas mais poursuivons au contraire notre tentative de rendre ces mécaniques lisibles avec ceux qui en font les frais. Le ciné-truck Makhno-Van reprendra bientôt la route dans l’espace industrialo-portuaire dont la métropole techno-verte et culturelle se nourrit tout en l’oblitérant. Nous nous retrouverons peut-être lors d’une de ses haltes.

Ou dans l’ici de notre lieu de travail et centre ressource qui vous sera évidemment ouvert.