Actualité Échelle Inconnue

EST - Garage ! гараж ! l’apocalypse a déjà eu lieu ! Projet de création documentaire en architecture avec les monstres urbains post soviétiques

Garages



Derrière l’université du MGU à Moscou s’étendent 8 000 garages de tôles ou de briques dont 4 000 on été détruits en 2015 : voilà Shanghaï. Une ville dans la ville, un État dans l’État pour certains. Dans ces garages il y a longtemps qu’on ne se contente plus d’y garer sa voiture. On y travaille, on y produit, on y mange, on y dort, on y vit ou on s’y cache. Les garagniks d’ici sont Russes, Arméniens, Géorgiens, Tatars ou Ouzbeks, professeurs d’université ou ingénieurs, mais plus souvent ouvriers ou techniciens ayant rompu avec l’industrie pour des raisons économiques et salariales ou simplement par ennui.

Sur des terrains prêtés aux coopératives d’employés soviétiques par l’État les garages ont poussé. Puis, peu à peu l’artisanat et le logement même s’y sont développés de manière autogérée. Quand les autorités disent « économie de l’ombre », les garagniks répondent, vie, survie, travail, débrouille. Car l’apocalypse a déjà eu lieu. C’était dans les années 1990 quand les villes russes se couvraient soudain de banques et de kiosques. Les cités de garages deviennent alors la réponse urbaine, économique et sociale à la dérégulation totale et brutale d’un pays qui n’existe plus. Solution de logement pour les migrants centre-asiatique mais aussi solution économique pour un pays entier. Ce sont des cités bricolées, qui constituent une autre fabrique de la ville, aujourd’hui pourchassée par les autorités, qu’il convient d’interroger.


Une traversée

Après avoir traversé et documenté la principale cité de garage de Moscou : Shanghaï (voir le film réalisé par Stany Cambot avec Ilya). Nous mettons nos pas dans ceux du jeune chercheur Sergueï Seelev et partons vers le Tatarstan à la rencontre des cités de garages de la fédération russe (lire l'article sur makhnovtchina.org). Là où se réinvente la ville et l’économie autour de la production parfois massive de meubles, de housse de voiture, de guitare, de jeux vidéo ou de meuble dans une complète indistinction entre l’artisanat et la start up. Invention populaire de ce qu’ici on tente de théoriser en « villes créatives » ou autres « pépinières » (suivant aussi en cela un modèle post-soviétique : celui du Berlin d’après la chute.)




Science fiction d’hier. Ville post-apocalyptique d’aujourd’hui

Ni bidonville, ni espace délaissé, ces cités provoquent un choc esthétique à l’œil occidental. Décor de film ou évocation du roman de Dmitri Glukhovski : Métro 2033 dystopie post apocalyptique dans laquelle ce qui reste de l’humanité se terre dans le métro de Moscou. On découvre comme ici, comme dans le roman, que les monstres et mutants ne sont pas si maléfiques que cela.

Voilà le motif de nos films à venir : nous voyageons en compagnie des monstres que l’État russe prétend maléfiques et veut éradiquer.

Suivre nos recherches et créations à l'Est de l'Europe sur l'onglet EASTERN du blog makhnovtchina.org.

Flamanville - Les bases vie ou la java de l’infrastructure : intentions du projet

Nous nous attacherons à documenter, avec ses habitants, cet habitat en milieu rural produit par le chantier de l’EPR, en réalisant un ou plusieurs films documentaires qui tisseront des liens avec les films réalisés en Russie dans le cadre du programme Makhnovtchina.



Les bases vie. Ou la java de l’infrastructure

Le territoire rural a changé de nature, c’est désormais un territoire urbanisé. La modification majeure dans le paysage du Cotentin aux alentours de Flamanville est produit par le chantier infrastructurel (EPR). Alors que les formes mobiles de l’habitat et plus largement de la ville sont réputées incompatibles avec la ville planifiée, elles sont cependant nécessaires voire souhaitées lors de travaux infrastructurels pour loger la main d’œuvre au plus près du chantier. Dans la mégapole moscovite, ce sont de véritables cités de containers abritant la main d’œuvre centre asiatique qui sont montées et démontées aux gré des transformations urbaines. L’occurrence contemporaine de ces logements ouvriers mobiles est en Normandie l’ensemble des bases vie destinées aux ouvriers de l’EPR à Flamanville et alentours. Sorte de camping, dérogeant en vertu des permis précaires aux règles d’urbanisme, elles dérogent aussi au droit commun du logement et rattachent la question du logement à celle du salariat, lien brisé dès l’après-guerre par le code du travail. Comme à Moscou, il s’agit d’enclaves « économiques spéciales » ou dérégulées accueillant travailleurs français comme travailleurs détachés. Ici le rôle de contremaître se confond aussi souvent avec celui de concierge ou d’applicateur du règlement intérieur. Des sociabilités, détournements et modes de vie subsistent et résistent pourtant. Au delà c’est l’environnement (la ville stable et cadastrée) qui est impacté. C’est, après avoir commencé un travail de recherche à Moscou (sur l’ensemble de la filière allant de la fabrication des containers à leur dépôts), ce que nous désirons réitérer ici : Dresser le portrait de la ville du monstre-ouvrier-forain dont la figure se confond malgré lui avec son habitat. Nous nous attacherons en outre, comme nous l’avons fait à Dieppe, à explorer en collaboration avec le CAUE 50 les occurrences historiques du logement mobile dans cette zone, du logement des mineurs, aux cités de transit, en passant par les « chalets suédois » et les logements provisoires de la reconstruction. En somme inscrire dans une histoire tue et clandestine ce mode de ville en milieu rural.

Le monstre

Dans son article De 1895 à 1912 : Le cinéma forain français entre innovation et répression publié par la revue de cinéma 1895, Arnaud Le Marchand, économiste à l’Université du Havre, exhumait un extrait d’un article publié dans le journal L’Inter Forain au début du siècle « le cinéma demeure le plus beau monstre de la foire ». Par là l’auteur entendait d’une part le merveilleux mais aussi ce qu’on mon(s)tre pour la prouesse technique et ingénierie qu’il représente. C’est sous ce prisme que nous désirons, résolument forains, filmer et dire cette ville autre et souvent fantasmée que les mots des marchands de murs ne peuvent embrasser. C’est aussi l’angle distancié et critique qui permet de faire sentir ces ambiguïtés mais aussi associer ceux qui la peuplent à la création.

C'est au bar la Forgette puis dans une de ces bases vie que nous avons déjà rencontré des ouvriers du chantier de l'EPR.
Vous pouvez lire les comptes-rendus de ces rencontres ICI et .

Du 27 au 31 mai 2016 : Première tournée du MKN-VAN, Camion cinéma d'Echelle Inconnue

"Ciné Forain, ciné direct, le ciné dont le territoire est le décor et les mobiles ses héros !"

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Crash-test du Nigloblaster

Première sortie du Nigloblaster 2.0 au Pollet le mercredi 29 juillet 2015

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Appel à candidature / étudiant en architecture / mission rémunérée

Description de l'organisme :

Depuis 1998, Échelle Inconnue met en place des travaux et expériences artistiques autour de la ville et du territoire. Ces expériences au long cours interrogent et associent les « exclus du plan » (sans-abris, Tziganes, immigrés...). Elles donnent lieu à des interventions dans l’espace public, expositions, sites Internet, vidéos, affiches, cartes, publications… Ce dont il est ici question, c’est de « l’invisible de nos villes ». Identifié par le philosophe Paul Ardenne comme représentatif de « l’art contextuel », le travail d’Échelle Inconnue se trouve aussi parfois qualifié d’ « artiviste » ou de « relationnel » selon les auteurs. Supportant difficilement les étiquettes, Échelle Inconnue tente d’assumer, du moins en partie, l’énonciation théorique de son travail en participant ou en organisant des conférences, des colloques avec des universitaires ou d’autres groupes, au croisement des questions de l’art, de la politique, de l’architecture et de la ville, ainsi qu’en collaborant à différentes revues et publications.

Le projet :

Makhnovtchina est un projet adisciplinaire et forain qui vise à expérimenter, co-naître et cartographier (sur tous types de supports) la ville mobile avec ceux qui la vivent ainsi qu'à outiller des situations critiques – ou les espaces produits par la Métropole – en Haute-Normandie et à l'Est de l'Europe (Russie / Moldavie). Un des volets de ce projet à lieu dans la CAPE, à Ménilles (Eure), au contact des élèves d'une école primaire et des habitants du territoire.

Description des missions :

Dans le cadre d'une résidence prévue pour l'année scolaire 2014-2015, Échelle Inconnue recherche un étudiant en architecture intéressé par une intervention dans une école autour du thème de la « Ville Mobile ». En partenariat avec les membres d’Échelle Inconnue, l'étudiant participera à la réalisation d'ateliers avec les élèves, ainsi qu'au travail, sous forme de work in progress de l'équipe autour du projet Makhnovtchina (www.makhnovtchina.org/journal).

Profil recherché :

  • Étudiant en 4ème ou 5ème année d'architecture
  • Sensibilisé aux problématiques autour de l'habitat léger et mobile
  • Disponible et impliqué
  • Aisance relationnelle

Mission rémunérée de 6 mois à raison d'une semaine par mois, possibilité de stage. Hébergement et transport pris en charge.

Formation préalable assurée par Échelle Inconnue en septembre/octobre.

Prise de fonction en octobre, mission courant jusqu'en mars 2015. Les horaires seront adaptés au mieux en fonction des cours.

Date limite de candidature : 15 juillet 2014

Envoyer un CV, une lettre de motivation et tout autre document pertinent à : christophe@echelleinconnue.net

ECHELLE INCONNUE

18 rue Sainte Croix des Pelletiers

76000 ROUEN

tel/fax : 02 35 70 40 05

RESIDENCE du 02 au 22 JUILLET 2012 / VERNISSAGE 28 JUILLET - 18h30 / EXPO : AOUT 2012 / DIEPPE / 1ère étape du projet Makhnovtchina

« Hey gobier! »

Invité dans le cadre du festival Diep, qui propose une exploration de l’histoire et du patrimoine dieppois, Echelle Inconnue est accueillie en résidence pour travailler à une cartographie de la mobilité. Comme l'existence d'autres modes d'habiter (habitat léger, mobile, précaire) semble difficile à admettre dans le présent, nous entreprenons de créer une « carte » à l’image des cartes inventées par l’Ecole de cartographie de Dieppe, retraçant l'histoire locale de ces modes d'habiter. Nous tentons une « traversée », de l'installation des déplacés des aménagements du XIXème siècle dans les gobes (grottes calcaires) de Dieppe aux habitats contemporains des falaises en passant par les habitats provisoires des candidats au départ pour l'Angleterre, les campings où l'on vit à l'année, les terrains familiaux autogérés, la cité de transit d'après guerre, mais aussi les mobilités touristiques etc.- 

C'est une carte de la mobilité établie à partir des rencontres, entretiens, dessins, vidéos réalisés avec les habitants. C'est une tentative de raconter leur histoire, une certaine culture de l'espace, du bâti, de l'habiter. Au-delà, il s'agit d'écrire l'Histoire manquante dans une ville où elle s'enracine de manière exemplaire depuis plus d'un siècle. 
 Une nouvelle manière d'habiter léger ou mobile voit le jour, proche de celle des Voyageurs, sans cependant profiter de leurs expériences. C'est ce moment historique particulier qui peut, peut-être, permettre de nouvelles hybridations, connexions et réinventions de la maison, de la ville. Non pas celle « fondée », patrimonialisée, mais une autre légère, là, un temps, ne laissant aucune empreinte. C’est cette ville, parallèle, invisible mais pourtant là dont nous désirons interroger les représentations. Vous pouvez nous y aider par vos documents et témoignages en nous contactant au 06 28 91 68 68 (Christophe) ou par mail : christophe@echelleinconnue.net

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Semaine "Smala Alger" du 24 mars au 31 mars 2012 // EXPO / CONFERENCES / PROJECTION / WORKSHOP

Suite à deux mois de résidence de recherche et de création menés à Alger en Novembre et Décembre 2011, Echelle Inconnue vous invite à la présentation des résultats de cette expérience ainsi qu'à une rencontre avec le groupe Echelle Inconnue/Alger.

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Smala / résidence à Alger / Novembre - Décembre 2011

Dans le cadre du projet "Smala", Julie Bernard et Stany Cambot sont actuellement en résidence à Alger jusqu'à début janvier 2012.

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