Actualité Échelle Inconnue

30/01/2020 : Moscou, Kazan, Flamanville: trois dragons pour raconter les villes monstres



МОСКВА, КАЗАНЬ, ФЛАМАНВИЛЛЬ: ТРИ ДРАКОНА РАССКАЗЫВАЮТ О ГОРОДАХ-МОНСТРАХ.

С 2014 года группа Неизвестный Масштаб занимается изучением внеплановых форм российского постсоветского города: обитаемые ГСК, торговые павильоны, ярмарки и жилье рабочих. Сколько же урбанистических моделей! Они стали массово появляться после распада СССР, но новая Россия и новая Москва хотят их уничтожить. Вполне вероятно, что в России новые планы городов претворяются в жизнь посредством бульдозеров гораздо чаще, чем во Франции. Эти градостроительные аномалии уничтожаются, и никто не думает об обитателях.

Аномалии! Да, они аномальны, но не ненормальны, поскольку появились в момент распада всех норм, а, следовательно, их нельзя обвинить в том, что они нарушили эти нормы. По сути, причина, по которой они мешают исполнению градостроительного и политического проектов, лежит гораздо глубже. Похоже, что власти хотят их уничтожить, поскольку эти строения и городские формы обладают монструозным видом. Кроме того, возникает ощущение, что помимо градостроительных и политических вопросов, на происходящее начали влиять изначальные мифы, вернувшиеся к жизни: Покровитель Москвы Георгий Победоносец, убивающий дракона, дракон Зилант, олицетворяющий Казань и всё ещё обитающий где-то под водой...
Множество бесформенных призраков легко нашли бы общий язык с драконом, побежденным толпой под предводительством Святого Романа, и тем драконом из провала Балиган, над которым сегодня тысячи номадов возводят атомную электростанцию Фламанвилля.
Итак, благодаря фотографиям и фильмам, которые мы создали, прибегая к помощи дракона, мы совершим прогулку по городу, принадлежащему монстрам.

Конференция Стани Камбота
в 19.00

Depuis 2014, Echelle Inconnue travaille en Russie sur les formes non planifiées de la ville post-soviétique : cités de garages habitées, kiosques commerciaux, fêtes foraines, campements ouvriers. Autant de formes dont le nombre a explosé à la suite de l'effondrement de l’URSS et que la nouvelle Russie et le nouveau Moscou entendent éradiquer. Là-bas peut-être plus qu’ici, la planification se fait au bulldozer. On rase ces anomalies urbaines sans s’occuper de leurs occupants.

Anomalies ! Anomales donc et non anormales puisque nées au moment de l’explosion des normes ; on ne peut leur reprocher d’y déroger. Ce qui dérange le projet urbain et politique est bien plus profond. C’est le caractère monstrueux de ces édifices et de ces urbanités que les autorités semblent vouloir anéantir. Au delà de la question urbaine et politique, c’est celle du mythe fondateur qui semble resurgir : Saint Georges, le patron de Moscou, terrassant le dragon, Zilant le dragon emblème de la ville de Kazan qui hante encore ses eaux… Autant de spectres de l’informe qui dialogueraient aisément avec le dragon terrassé par St Romain et la foire ou celui du trou Baligan sur lequel des milliers de nomades construisent la centrale nucléaire de Flamanville.

C’est donc une traversée de la ville du monstre que nous proposons là accompagnée des images et films tournés en complicité avec le dragon.


Par Stany Cambot, réalistaeur et architecte
Lieu : Echelle Inconnue
Date : Jeudi 30 janvier 2020 à 19h

06/02/2020 : Monstratsiia once again !

Monstre, Mon(s)trer, (dé)Monstration, Monstratsiia (en russe) ; soit, la manifestation politique dans l’espace public.

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12/12/2019 : Le mari de la femme-singe ou l'invention de l'économie moderne de la culture



Nous l’avons tournée et retournée cette figure du monstre jusqu’à y voir (lors de l’intervention de Xavier Jeudon en janvier dernier par exemple) ce qu’elle nous fait, en quoi elle parle de nous et de notre rapport à l’autre ou encore en quoi c’est bien elle qui, comme un miroir, définit le «Normal».
Il convient désormais d’en interroger le profit à travers la figure de l’entrepreneur de spectacle ou de l’imprésario.
Entendre en quoi l’entre-sort ou le freak-show inventa et demeure le schéma répété de l’économie culturelle actuelle avec ses spectacles, sa communication, ses guichets et l’Autre que l’on monnaye en France comme ailleurs.
Nous partirons d’une des figures les plus monstrueuses que le monstre-même : le mari mais surtout imprésario de Julia Pastrana, femme-singe née au Mexique et morte en Russie, où elle donnait des spectacles de chant et de danse.

Par : Stany Cambot, réalisateur et architecte

Lieu : Echelle Inconnue
Date : jeudi 12 décembre 2019 à 19h

02/03/2020 : Géopolitique dans le cyberespace russe


Après les piratages des serveurs du Comité national du parti démocrate (DNC) américain et de ceux de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron, la visibilité des actions offensives attribuées à la Russie dans le cyberespace a considérablement augmenté.
Loin d’avoir été anticipé par les pays occidentaux, ce nouveau type ­d’attaques se caractérise par le fait qu’il échappe aux catégories classiques de l’action cybernétique telles qu’elles ont été théorisées pendant plusieurs décennies en Europe et aux États-Unis. Ce caractère insaisissable se fondant notamment sur le rapport particulier que le gouvernement russe entretient avec le cyberespace depuis l’époque soviétique, le présent article propose d’analyser les actions attribuées à la Russie à l’aune de cette histoire. Mis en perspective avec les intérêts de la Russie contemporaine de même qu’avec la mécanique des rapports de forces dans laquelle celle-ci est investie, les héritages de l’époque soviétique connaissent en effet une spectaculaire réappropriation de la part des autorités russes.

Par Kévin Limonier
Maître de conférences en études slaves, Institut Français de géopolitique. Directeur adjoint du centre GEODE

Date: lundi 2 mars 2020 à 19h
Lieu : Echelle Inconnue

11/09/2019 : SORTIE NATIONALE DU JOURNAL #8 : CINÉMA MOBILE D'INTERVENTION



Au sommaire du journal :

-Tuto-photo : Une éolienne en PVC !

- Dossier Makhno-Van :

- Le projet de Rodtchenko

- Sur la route du Carnival

- Cinéma Voyageur

- Écran Voyageur

- Peertube

- La Java de l'Infrastructure


En 1895 naissait le cinématographe des frères Lumière. Deux ans plus tard, il faisait son apparition dans les foires, d’abord comme attraction scientifique (notons que les fêtes foraines furent électrifiées bien avant la plupart des villes françaises) puis très vite comme « monstre » ou spectacle à part entière. C’est un scénario similaire qui se déroulera aux États-Unis dans les enceintes des carnivals.

En France, dès lors, ce seront les forains, pour la plus part Manouches, qui diffuseront films, drames et comédies. Ce sont eux encore, qui inventeront les actualités filmées, tournant dans les villes dans lesquelles ils s’installent. Le cinéma est alors résolument mobile, forain et invente ses formes, actualités mais aussi doublage des cartons de titres et de dialogues des films muets pouvant aller jusqu’au boniment comme le souligne Arnaud Lemarchand. Le spectacle parfois même s’hybride encore entre spectacle scénique et écran, mélangeant, danse, musique, etc. Propriétaires des copies des films qu’ils diffusent, les forains les usent jusqu’à la corde, les remontent même ou les raccourcissent parfois.

1912 sonne le glas de cet âge d’or. La mise en place du fichage anthropométrique des Tziganes s’accompagne opportunément d’une supposée crise du cinéma décrétée par Pathé qui installe son monopole sur le secteur. Il substitue à la vente des bobines un système de location. Impossible dès lors pour les forains de rentabiliser leur activité. Parallèlement, il construit ou incite à la construction de salles de cinéma sédentaires bâties sur le modèle du théâtre à l’italienne faisant passer le cinéma de la vie et du brouhaha de la foire à la fenêtre sur le surréel. Il a désormais la main sur l’ensemble de la chaîne allant de la production à la diffusion.

Quelques forains tenteront néanmoins de poursuivre l’activité avec des films étrangers ou du matériel, tourné par leurs soins. Peu à peu cependant, au cours des années 1920, les lampes de ces porteurs d’électricité s’éteignent. L’arrestation des Tziganes par la police française, puis leur déportation sous l’occupation, mettront définitivement fin à ce cinéma.

Mais alors qu’ici ces lumières s’éteignent, elles s’allument, plus à l’Est dans la Russie révolutionnaire. Le cinéma forain répondant tant au besoin de la guerre civile, qu’aux promesses artistiques de l’avant garde. « Le cinéma doit intervenir dans la société comme un véhicule de pompier » écrivait Maïakovki. Britchka, camions, trains et même bateaux embarquent des centres culturels et d’agitprop sur tout le territoire, tant d’ailleurs que le cinéma ambulant des années plus tard deviendra un élément naturel du paysage.

Alors que l’immédiat après-guerre entérine « l’exécution » du cinéma forain, on assiste à un retour marginal de la diffusion ambulante. Certains réalisateurs du « cinéma direct » comme Yann Le Masson projettent volontiers leurs rushs aux personnes filmées . Par exemple, il le fit au Japon devant les paysans et manifestants s’opposant à la construction de l’aéroport de Narita lors du tournage de Kashima Paradise.

Aujourd’hui, nous sommes quelques uns à opérer, par nécessité le plus souvent, un retour vers cette voie abandonnée, pour ne pas dire condamnée, du cinéma. Un cinéma mobile, direct et d’intervention hors des circuits de diffusion traditionnels, de leur économie, de leurs lieux consacrés et de leur éternel même public, anonyme et consommateur.

Ce numéro, pour dessiner des histoires possibles, un futur peut-être.
Mais sans doute lui manque-t-il quelques pages. L’enterrement du cinéma de foire est-il si évident ? Il semble que dès les années 1970 et 1980, les industriels forains soient revenus à leur premier geste : la démonstration technique et scientifique. La foire est devenue alors incubateur du cinéma à 180 puis 360 degrés et ce, avant la Géode du parc de la Villette, ou encore aujourd’hui du cinéma 5, 6 et même 8D, bien avant qu’il ne fasse son apparition dans les multiplexes. Mais œil et pensée ont tellement intégré le schéma réalisation/production/diffusion de Pathé soutenu par le CNC et les GAFA, que l’on peine à y voir encore un pur geste de cinéma.

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"ИНТЕРВЕНЦИОННЫЙ МОБИЛЬНЫЙ КИНЕМАТОГРАФ": 8-Й НОМЕР ВРЕМЕННОГО ЖУРНАЛА ВЫХОДИТ В СВЕТ

Интервенционный мобильный кинематограф

Содержание номера
Досье: Махно-Вэн
Фото-Пособие: Ветряк
Проект Родченко
По пути ярмарки
Передвижной кинематограф
Кочевой экран
Peertube
Танцы вокруг инфраструктуры

Кино. Ярмарка за ярмаркой.

В 1895 году рождается кинематограф братьев Люмьер. Два года спустя он появляется на ярмарках: сперва как научный аттракцион (отметим, что ярмарки были электрифицированы гораздо раньше, чем большинство французских городов), затем как аттракцион-«монстр» или целый отдельный спектакль. Похожий сценарий произошел и в США с предшественником современных ярмарок (об этом можно прочитать в статье Хавьера Жёдона на странице ). Во Франции не кто иной, как ярмарочные артисты - в большинстве своём, цыгане - занимаются распространением трагических и комедийных фильмов. И именно они изобретают кинохроники, снимая города, в которых они останавливаются. Кинематограф этой поры абсолютно мобилен. Он обитает на ярмарочных гуляниях и ищет свои формы: кинохроника, дубляж табличек с текстом и диалогов немого кинематографа, который доходит до стадии комментирования фильмов, как отмечает Арно Лемаршан. Порой кинопредставление даже встраивается в живой спектакль, в котором смешиваются танец, музыка и другие действа. Артисты ярмарок становятся владельцами копий фильмов и используют их на пределе возможностей. Им приходится перемонтировать и иногда даже укорачивать фильмы.

1912 положил конец этому «золотому веку» ярмарочного кинематографа. Антропометрическая перепись цыган сопровождается предполагаемым кризисом кинематографа, провозглашаемым компанией Pathé, которая добивается монополии в этом секторе. Pathé перестаёт продавать киноленты, вместо этого приходится их брать в аренду. После этого деятельность ярмарочных артистов перестаёт быть рентабельной. Одновременно с этим Pathé строит и поощряет строительство капитальных кинотеатров, создаваемых по образу и подобию итальянского театра, что выводит кинематограф из шумной жизни балагана и уменьшает его до наблюдения за чем-то ирреальным. Отныне киностудия контролирует всю цепь: от производства до распространения.

Тем не менее, несколько ярмарочных артистов пробуют продолжать свое дело, показывая иностранные фильмы или же снимая свой собственный материал. Однако мало-помалу на протяжении 20х годов лампы этих носителей электричества гаснут. Аресты цыган, проводимые французской полицией, затем их депортация в годы оккупации, положили окончательный конец этому кинематографу.

Но в то время как здесь, на Западе, эти огни гаснут, на Востоке, в революционной России, они, наоборот, загораются. Передвижной кинематограф может не только удовлетворить запросы гражданской войны, но и поддержать артистические порывы авангарда. По словам Маяковского кинематограф должен играть в жизни общества ту же роль, что и пожарная машина. Брички, грузовики, поезда и даже пароходы перевозят центры культуры и агитпропа по всей территории страны (читайте статью Людмилы Пискаревой на странице ). Таким образом, через несколько лет передвижной кинематограф становится естественным элементом пейзажа.

Несмотря на то, что послевоенный период продолжает «казнить» передвижной кинематограф, можно заметить маргинальное возвращение передвижного распространения кино. Некоторые режиссёры «прямого кинематографа», такие как Ян Ле Массон, показывают свои наработки людям, которых снимали. Он делает это, например, в Японии во время съемок фильма Kashima Paradise: показывает крестьянам и участникам акций протестов против строительства аэропорта Нарита кадры с ними же.

Сегодня мы, вследствие определенной необходимости, вынуждены возвращаться к этой забытой, если не сказать порицаемой, кинематографической методике: Передвижной кинематограф, прямой и вступающий в коммуникацию, существующий вне традиционных каналов распространения кино, вне этой экономики, вне мест, посвящённых кино, и даже вне вечной этой публики, анонимной и потребительской.

Этот номер создан для того, чтобы обрисовать возможности. Может быть, будущее?
Но без сомнения здесь не хватает нескольких страниц. Так ли очевидно погребение ярмарочного кинематографа? Похоже, что уже в 70-е и 80-е года ХХ века работники ярмарок возвращаются к своим первым шагам: демонстрации технических и научных диковинок. Ярмарка стала (ещё до Жеода в парке ля Вилетт) инкубатором для кинематографа на 180, а затем и 360 градусов, а сегодня и для кинематографа 5, 6 и даже 8D, задолго до того, как он появился в многозальных кинотеатрах. Но наше сознание и зрение настолько привыкли к схеме Pathé «съёмка/продакшен/распространение», поддерживаемой Национальным центром кинематографа Франции и GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), что нам уже не удаётся увидеть акт чистого кинематографа.

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Sortie Nationale du Journal à Titre Provisoire "Cinéma Mobile d'Intervention" #8



Lancement du nouveau journal # 8
À Trouville sur Mer le mercredi 11 septembre au festival Off-Courts!
17h30 : une web TV au village off-courts, où seront interviewés deux rédacteurs du journal Stany Cambot et Arnaud Lemarchand
21h15 : une soirée cocktail pour rencontrer l'équipe autour du camion-cinéma avec en exclusivité la diffusion des teasers inédits des films produits par Echelle Inconnue sur le parking de la Mairie (à côté du Cinémobile)

Au sommaire du journal :

-Tuto-photo : Une éolienne en PVC !

- Dossier Makhno-Van :

- Le projet de Rodtchenko

- Sur la route du Carnival

- Cinéma Voyageur

- Écran Voyageur

- Peertube

- La Java de l'Infrastructure


En 1895 naissait le cinématographe des frères Lumière. Deux ans plus tard, il faisait son apparition dans les foires, d’abord comme attraction scientifique (notons que les fêtes foraines furent électrifiées bien avant la plupart des villes françaises) puis très vite comme « monstre » ou spectacle à part entière. C’est un scénario similaire qui se déroulera aux États-Unis dans les enceintes des carnivals.

En France, dès lors, ce seront les forains, pour la plus part Manouches, qui diffuseront films, drames et comédies. Ce sont eux encore, qui inventeront les actualités filmées, tournant dans les villes dans lesquelles ils s’installent. Le cinéma est alors résolument mobile, forain et invente ses formes, actualités mais aussi doublage des cartons de titres et de dialogues des films muets pouvant aller jusqu’au boniment comme le souligne Arnaud Lemarchand. Le spectacle parfois même s’hybride encore entre spectacle scénique et écran, mélangeant, danse, musique, etc. Propriétaires des copies des films qu’ils diffusent, les forains les usent jusqu’à la corde, les remontent même ou les raccourcissent parfois.

1912 sonne le glas de cet âge d’or. La mise en place du fichage anthropométrique des Tziganes s’accompagne opportunément d’une supposée crise du cinéma décrétée par Pathé qui installe son monopole sur le secteur. Il substitue à la vente des bobines un système de location. Impossible dès lors pour les forains de rentabiliser leur activité. Parallèlement, il construit ou incite à la construction de salles de cinéma sédentaires bâties sur le modèle du théâtre à l’italienne faisant passer le cinéma de la vie et du brouhaha de la foire à la fenêtre sur le surréel. Il a désormais la main sur l’ensemble de la chaîne allant de la production à la diffusion.

Quelques forains tenteront néanmoins de poursuivre l’activité avec des films étrangers ou du matériel, tourné par leurs soins. Peu à peu cependant, au cours des années 1920, les lampes de ces porteurs d’électricité s’éteignent. L’arrestation des Tziganes par la police française, puis leur déportation sous l’occupation, mettront définitivement fin à ce cinéma.

Mais alors qu’ici ces lumières s’éteignent, elles s’allument, plus à l’Est dans la Russie révolutionnaire. Le cinéma forain répondant tant au besoin de la guerre civile, qu’aux promesses artistiques de l’avant garde. « Le cinéma doit intervenir dans la société comme un véhicule de pompier » écrivait Maïakovki. Britchka, camions, trains et même bateaux embarquent des centres culturels et d’agitprop sur tout le territoire, tant d’ailleurs que le cinéma ambulant des années plus tard deviendra un élément naturel du paysage.

Alors que l’immédiat après-guerre entérine « l’exécution » du cinéma forain, on assiste à un retour marginal de la diffusion ambulante. Certains réalisateurs du « cinéma direct » comme Yann Le Masson projettent volontiers leurs rushs aux personnes filmées . Par exemple, il le fit au Japon devant les paysans et manifestants s’opposant à la construction de l’aéroport de Narita lors du tournage de Kashima Paradise.

Aujourd’hui, nous sommes quelques uns à opérer, par nécessité le plus souvent, un retour vers cette voie abandonnée, pour ne pas dire condamnée, du cinéma. Un cinéma mobile, direct et d’intervention hors des circuits de diffusion traditionnels, de leur économie, de leurs lieux consacrés et de leur éternel même public, anonyme et consommateur.

Ce numéro, pour dessiner des histoires possibles, un futur peut-être.
Mais sans doute lui manque-t-il quelques pages. L’enterrement du cinéma de foire est-il si évident ? Il semble que dès les années 1970 et 1980, les industriels forains soient revenus à leur premier geste : la démonstration technique et scientifique. La foire est devenue alors incubateur du cinéma à 180 puis 360 degrés et ce, avant la Géode du parc de la Villette, ou encore aujourd’hui du cinéma 5, 6 et même 8D, bien avant qu’il ne fasse son apparition dans les multiplexes. Mais œil et pensée ont tellement intégré le schéma réalisation/production/diffusion de Pathé soutenu par le CNC et les GAFA, que l’on peine à y voir encore un pur geste de cinéma.

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03-08 JUILLET : UNIVERSITÉ D'ÉTÉ À ROSTOV SUR LE DON


Université d'été à Rostov-sur-le-Don sur Les migrants dans une grande ville: à la recherche de pratiques d'intégration efficaces avec la participation de Stany Cambot
du 3 au 8 juillet organisé par le Centre pour la recherche sociale indépendante CISR de Berlin

Ces dernières années, dans un certain nombre de pays de l'UE (et tout d'abord en Allemagne et en France), ainsi qu'en Russie, une nouvelle expérience s'est accumulée dans la mise en œuvre de divers projets visant à intégrer les réfugiés et les migrants dans les communautés d'accueil. De nombreuses initiatives, souvent réussies, ont été mises en œuvre ces dernières années tant au niveau de l'administration locale (administration des districts et des villes) que de la société civile, ainsi que dans le cadre de la coopération entre elles. Un certain nombre d'organisations qui semblaient très loin de participer à la résolution des problèmes des migrants et des réfugiés (musées ou bibliothèques, par exemple) se sont révélées, au contraire, des agents d'intégration très efficaces. Diverses initiatives artistiques mises en œuvre au niveau de la société civile et avec le soutien des administrations locales ne sont pas moins efficaces.

Dans le cadre de l'université d'été, les organisateurs entendent créer les conditions d'un échange d'expériences sur l'intégration des réfugiés et des migrants entre les employés des administrations locales, des musées et des bibliothèques, des activistes de la société civile et des diasporas nationales, des journalistes, des chercheurs sociaux et des artistes.

21/06/2019 : ÉMISSION RADIO AVEC MARC-ANTOINE GRANIER SUR RTBF


En Russie, il existe une ville . Une ville à plusieurs niveaux. A plusieurs lectures. Il y a des allées, des portes qui s'ouvrent, qui se ferment. Il y a des discutions, des rendez vous. Il y a des envies de se retrouver dans un endroit à soi, entre amis. Et puis il y a des envies de créer, de fabriquer pour soi, pour les autres...
On la nomme : « Cité de garages ».

Depuis 2015, Stany Cambot assisté de Liudmilla Piskareva sillonne et filme pour Echelle Inconnue les cités de garages habités de l'espace post-soviétique.
En été 2018, Marc Antoine Granier les accompagne pour un road trip de Moscou à Oulianovsk en passant par Kazan et Nabréjnié Tchiélny au Tatarstan à la rencontre des Garagniks ; delà, une création radiophonique de Marc-Antoine Granier aujourd'hui mise en Onde par la RTBF.

ÉMISSION RADIO SUR RTBF
Vendredi 21 juin à 22h
Écoutez Marc-Antoine Granier sur OUI DIRE

On peut descendre la regarder vivre, se glisser dans ses tunnels, parler à ses gens, tenter de la comprendre mais elle est d'une essence très complexe.
Elle vient d'un long chemin que les hommes ont creusé dans les méandres du soviétisme. Cette ville est née de ces décombres.
Le vent a soufflé dans les années 90, poussant hommes et femmes d'un monde à l'autre, du jour au lendemain, les laissant face à une présumée Liberté.
Après que tout le système se soit cassé, ces lieux, qui autrefois étaient fait pour garer des voitures, sont devenues des espaces pour produire ou réparer des choses et puis parfois ou l'on a fini par vivre...
Les Garazhnik (les habitants des garages) font exister cette ville, son économie parallèle, son hacking artisanal. L'entraide et l'instinct de survie ont survécus.
Dans cette création radiophonique le dessin de cette cité se retrace à Moscou mais aussi dans d'autres villes plus à l'Est, Naberejnye Tchelny au Tatarstan et Oulianovsk au bord du fleuve La Volga.
Dans toutes ces rencontres, il y a là une certaine idée du savoir faire manuel, d'un rapport fort à l'artisanat, d'un mode vie en commun ancestral, qui traversent les siècles.
Mais aussi comment la vie s'est (ré)organisée par elle même avec ses fantômes, ses peurs et ses envies d'avenir.

Une création radiophonique réalisée par : Marc-Antoine Granier
Voir le site internet

Mixage :
Pierre Devalet
Avec les Garajnik :
Ilia,Vladimir,Sergeï et Jénia Et le groupe de musique : BlackDrivers
Avec aussi :
Stany Cambot,Artyom Gorbounov,Alexander Pavlof,Liudmila Piskaryova
Avec les voix de :
% Olivier Minot, Gérald Robert Tissot
Traduction :
Liudmila Piskaryova
Creation sonore et musicale :
Marc-Antoine Granier

Avec le soutien de Gulliver, soutenu part :
la RTBF par Oui-Dire, la fédération Wallonie Bruxelles, la Scam et la SACD Belgique, la Scam et la SACD France.
Avec une aide à la production de Echelle Inconnue.

Extraits :
du livre la fin de l'homme rouge de Svetlana Aleksievitch et du film Nabrejnie Tchelny de Stany Cambot

GARAGNIKS ( en développement )



Film : Garagniks
Durée : 52 minutes

À propos du film :
Couvert par le bruit des murs de Berlin que l'on écroule, personne ne semble avoir entendu l'autre ville post-soviétique pousser.
Ville de ceux qui tentent de survivre à la chute d'un régime, d'une économie, d'un système.
Une apocalypse sans Dieu et sans salaire.
Dans cette ville parallèle, souterraine, légère, frêle, mobile parfois, on reconstruit, on réapprend le marché, l'artisanat, l'économie.
Mais voilà, les bulldozers ont marché sur "Shanghai", plus grande cité de garages de Moscou.

Un des enjeux du film, en particulier dans sa deuxième partie, consiste à recréer un espace imaginaire, souterrain, ramifié et complexe,
à même de rendre compte d’un réel insaisissable pour ne pas dire indicible.
Nul ne sait combien de passages, de niveaux souterrains les « habitants » ont pu y creuser.
Il s’agit de faire sentir le véritable monde parallèle que constituent les cités de garages de la ville post-soviétique.
En faire sentir la force et la magie qu’un traitement purement documentaire ne pourrait permettre.
Cette création d’un espace labyrinthique et fictif se veut aussi l’expression de l’impossibilité de cartographier ces lieux.
Elle tend aussi à appuyer la dimension globale du phénomène qui ne s’arrête évidemment pas aux portes de Moscou.
Ainsi, suivant un personnage dans sa cave, nous déboucherons dans le garage d’un autre, inventant des chemins.

15/05/2019 : ATELIERS D'EST


Présentation d'Echelle Inconnue et projets en Russie par Stany Cambot en partenariat avec D'EST
Conférence traduite en russe et ouverte à tous
mercredi 15 mai à 10h30 à Rouen dans le cadre des ateliers organisés par D'EST qui ont lieu du 12 au 18 mai à Paris et en région parisienne.

L'association D'EST France–Russie est une plate-forme d’échanges entre la Russie et la France qui vise à renforcer les relations entre les citoyens russes et français en s’appuyant sur la société civile. L’association a pour principal objectif de soutenir le développement du dialogue entre les sociétés russe et française.
Les rencontres de ce type organisées par l’association, intitulées «les Ateliers» visent à offrir à de jeunes professionnels russes la possibilité d’observer, comprendre et se familiariser avec la façon dont la France organise l’intégration des migrants et des demandeurs d’asile dans la vie citoyenne au niveau de la ville en France, notamment à travers de nombreux échanges avec des ONG, associations et collectifs qui défendent les droits des migrants et proposent différents moyens d’intégration.
Notre objectif : l’observation et la réflexion sur les différentes méthodes et pratiques utilisées en France par différents représentants de la société civile, ainsi que par les municipalités dans l’approche de la problématique migratoire. Le programme consiste en différents séminaires, rencontres, visites d’étude, conférences, discussions, études de cas qui vont couvrir la thématique du projet —
Comment la ville s’adapte aux défis de la migration et aux besoins des migrants?


Mars 2019: Cycle Franco-Russe

Réflexions sur la monstruosité dans les pratiques urbaines culturelles post-soviétiques.

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12/03/2019 : Moscou, Kazan, Flamanville: trois dragons pour raconter les villes monstres



МОСКВА, КАЗАНЬ, ФЛАМАНВИЛЛЬ: ТРИ ДРАКОНА РАССКАЗЫВАЮТ О ГОРОДАХ-МОНСТРАХ.

С 2014 года группа Неизвестный Масштаб занимается изучением внеплановых форм российского постсоветского города: обитаемые ГСК, торговые павильоны, ярмарки и жилье рабочих. Сколько же урбанистических моделей! Они стали массово появляться после распада СССР, но новая Россия и новая Москва хотят их уничтожить. Вполне вероятно, что в России новые планы городов претворяются в жизнь посредством бульдозеров гораздо чаще, чем во Франции. Эти градостроительные аномалии уничтожаются, и никто не думает об обитателях.

Аномалии! Да, они аномальны, но не ненормальны, поскольку появились в момент распада всех норм, а, следовательно, их нельзя обвинить в том, что они нарушили эти нормы. По сути, причина, по которой они мешают исполнению градостроительного и политического проектов, лежит гораздо глубже. Похоже, что власти хотят их уничтожить, поскольку эти строения и городские формы обладают монструозным видом. Кроме того, возникает ощущение, что помимо градостроительных и политических вопросов, на происходящее начали влиять изначальные мифы, вернувшиеся к жизни: Покровитель Москвы Георгий Победоносец, убивающий дракона, дракон Зилант, олицетворяющий Казань и всё ещё обитающий где-то под водой...
Множество бесформенных призраков легко нашли бы общий язык с драконом, побежденным толпой под предводительством Святого Романа, и тем драконом из провала Балиган, над которым сегодня тысячи номадов возводят атомную электростанцию Фламанвилля.
Итак, благодаря фотографиям и фильмам, которые мы создали, прибегая к помощи дракона, мы совершим прогулку по городу, принадлежащему монстрам.

Конференция Стани Камбота
Вторник, 12 марта, в 19.00

Depuis 2014, Echelle Inconnue travaille en Russie sur les formes non planifiées de la ville post-soviétique : cités de garages habitées, kiosques commerciaux, fêtes foraines, campements ouvriers. Autant de formes dont le nombre a explosé à la suite de l'effondrement de l’URSS et que la nouvelle Russie et le nouveau Moscou entendent éradiquer. Là-bas peut-être plus qu’ici, la planification se fait au bulldozer. On rase ces anomalies urbaines sans s’occuper de leurs occupants.

Anomalies ! Anomales donc et non anormales puisque nées au moment de l’explosion des normes ; on ne peut leur reprocher d’y déroger. Ce qui dérange le projet urbain et politique est bien plus profond. C’est le caractère monstrueux de ces édifices et de ces urbanités que les autorités semblent vouloir anéantir. Au delà de la question urbaine et politique, c’est celle du mythe fondateur qui semble resurgir : Saint Georges, le patron de Moscou, terrassant le dragon, Zilant le dragon emblème de la ville de Kazan qui hante encore ses eaux… Autant de spectres de l’informe qui dialogueraient aisément avec le dragon terrassé par St Romain et la foire ou celui du trou Baligan sur lequel des milliers de nomades construisent la centrale nucléaire de Flamanville.

C’est donc une traversée de la ville du monstre que nous proposons là accompagnée des images et films tournés en complicité avec le dragon.


Par Stany Cambot,
Mardi 12 mars à 19h

14/03/2019 : RASSEMBLEMENT DE RUE “MONSTRATION” ( MONSTRATSIIA) : UNE POLITIQUE D’APOLITIQUE?


УЛИЧНАЯ АКЦИЯ «МОНСТРАЦИЯ»: ПОЛИТИКА АПОЛИТИЗМА?

Уличная акция, получившая название «Монстрация» (произошло от слова «демонстрация»), каждый год проходит первого мая во множестве российских городов.
Это началось в Новосибирске в 2004 году, когда российский художник Артём Лоскутов организовал шествие, принявшее форму уличной демонстрации, но с абсурдными лозунгами.
Участники этой акции идут, размахивая сделанными своими руками плакатами, надписи на которых пародируют некоторые сюжеты из российской политической сферы.
Все вместе эти плакаты и слоганы образуют парадоксальную презентацию предметов искусства ручной работы.
Несмотря на очевидный пародийный характер этих шествий и их ироничное дистанцирование от «настоящей» политики, власти часто преследуют организаторов, в то время как полиция попросту арестовывает рядовых демонстрантов.
В ходе этой конференции мы обсудим причину, по которой эта парадоксальная акция, родившая в городе, удаленном от центров политической жизни страны, была перенята и воспроизведена во множестве других городов России.
Можно ли интерпретировать подобную форму современного искусства, которая во многом ссылается на опыт высмеивания политической жизни страны конца советского периода, в качестве политического высказывания?
Почему же, несмотря на неполитическую суть «Монстрации», российские власти реагируют на неё так яростно?

Конференцию проведет Марк Симон.
Четверг, 14 марта, в 19.00

Un rassemblement de rue appelé "Monstration" (dérivé du mot "démonstration") a lieu chaque année au 1er mai dans beaucoup de villes russes.

Tout cela a commencé en 2004 à Novosibirsk, quand l'artiste contemporain russe Artem Loskutov organisa un cortège ayant pris la forme d'une manifestation contestataire, mais avec des slogans absurdes.

Les participants de cette action manifestent individuellement brandissant des affiches faites à la main, qui parodient certains sujets de la vie politique russe.

Ces affiches et slogans réunis forment ensemble une présentation paradoxale d'objets d'art fabriqués maison.

En dépit du caractère apparemment parodique de ces processions et de leur distance ironique à la "vraie" politique, les organisateurs sont souvent persécutés par les autorités et les simples manifestants ont été à plusieurs reprises arrêtés par la police.

Au cours de cette conférence, nous allons débattre de la raison pour laquelle une action paradoxale, qui est apparue dans une ville éloignée des centres de la vie politique, a été reproduite par la suite dans beaucoup d'autres villes de Russie.

Une telle forme d'art contemporain, qui par de nombreux côtés, renvoie à l'expérience de la dérision de la vie politique à la fin de la période soviétique, peut-elle être interprétée comme un geste politique?

Pourquoi en dépit de son contenu non politique, "Monstration" provoque le déferlement des autorités russes?

Conférence par Mark Simon

Jeudi 14 mars à 19H00

11/03/2019 : LES MIGRANTS DANS L’ART ET L’ART DES MIGRANTS



МИГРАНТЫ В ИСКУССТВЕ И ИСКУССТВО МИГРАНТОВ

Образ мигрантов в русской поп-культуре демонстрирует две крайности: с одной стороны, «демонизация» приезжих (им присуждают роль преступников и осквернителей культурных основ и традиций), с другой стороны - их высмеивание, представление их в качестве необразованной деревенщины.

Современные российские художники, наделенные критическим мышлением, стараются преодолеть подобные стереотипы.
Однако же, даже когда эти художники приглашают мигрантов поучаствовать в проектах в качестве соавторов, мигранты не становятся независимыми участниками российского пространства культуры.
На протяжении последних нескольких лет на просторах русскоязычного интернета стал очевиден взрыв «мигрантского фольклора». Мы обсудим, как мигранты реагируют на свою «демонизацию», а также на усредненные представления о них, появляющиеся в средствах массовой информации. Кроме того, мы рассмотрим, как мигранты видоизменяют современный поп-культурный язык, создавая своё собственное пространство символов.

Конференция Марка Симона.

Понедельник, 11 марта, в 19.00.

La représentation des migrants dans la culture populaire russe montre deux extrêmes: d'une part, la "démonisation" des arrivants (les représentant comme des criminels et des profanateurs des fondements traditionnels), et d'autre part en les ridiculisant comme des ploucs.

Ceci étant, les artistes contemporains russes, convaincus de la théorie critique, essaient de surmonter de tels stéréotypes.

Cependant, même quand ces artistes invitent les migrants comme co-auteurs dans leurs projets, les migrants ne sont pas pour autant des êtres indépendants dans le champ culturel russe.

Au cours de ces dernières années, on a pu observer une explosion d'un "folklore migrant" sur des sites internet russophones.

Nous verrons comment les migrants réagissent à leur "démonisation" et à leur homogénéisation dans les médias russes et comment ils s'approprient la langue de la culture populaire moderne pour la création de leur propre espace symbolique.

Conférence par Mark Simon

Lundi 11 mars à 19H00

07/03/2019 : GÉNÉALOGIE DES SOUS-CULTURES (POST) SOVIÉTIQUES : VISIBILITÉ DANS L’ESPACE URBAIN ET PANIQUE MORALE

Конференция будет посвящена новейшим российским и (пост-) советским субкультурам, ставших признаком инаковости.

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