Actualité Échelle Inconnue

Offre d'emploi Chargé(e) de communication / CDD 8 mois

Secteurs : art / archi / culture / urbain / politique – polis / numérique / cinéma

Description de l'organisme :



Depuis 1998, Echelle Inconnue met en place des travaux et expériences artistiques autour de la ville et du territoire. Ces expériences au long cours interrogent et associent les « exclus du plan » (sans-abris, Tziganes, immigrés...). Elles donnent lieu à des interventions dans l’espace public, expositions, sites Internet, films, vidéos, affiches, cartes, publications… Ce dont il est ici question, c’est de « l’invisible de nos villes ». Identifié par le philosophe Paul Ardenne comme représentatif de « l’art contextuel », le travail d’Echelle Inconnue se trouve aussi parfois qualifié d’ « artiviste » ou de « relationnel » selon les auteurs. Supportant difficilement les étiquettes, Echelle Inconnue tente d’assumer, du moins en partie, l’énonciation théorique de son travail en participant ou en organisant des conférences, des colloques avec des universitaires ou d’autres groupes, au croisement des questions de l’art, de la politique, de l’architecture et de la ville, ainsi qu’en collaborant à différentes revues et publications.

Description de la mission :

En collaboration avec le directeur artistique, vous assistez l'équipe dans :

- Communication interne et externe
- Coordination des outils de communication (conception, suivi, diffusion) : newsletter / programme / dépliants / affiches ...
- Relation presse : réalisation des communiqués de presse, dossiers de presse, revues de presse / contact avec les journalistes (mailing / relances téléphoniques...)
- Actualisation des sites internet
- Actualisation de la base de données
- Édition / diffusion des publications (journaux et petits livres)
- Organisation de conférences

Profil recherché :

- Fort intérêt pour l’architecture/la ville, le cinéma et la culture en général
- Maîtrise de logiciels informatiques (traitement de texte, de graphisme et de mise en page) et connaissances basiques du langage html
- Aisance rédactionnelle et orthographique
- Être disponible et impliqué(e) / Être rigoureux(se), polyvalent(e) / Aisance relationnelle
- Si possible une bonne connaissance de l’anglais (oral et écrit)

Date de démarrage : 01 novembre 2017
Nombre d’heures : 28h / semaine
Rémunération : SMIC horaire
Les frais de déplacements, d’hébergement (dans le cadre de projets) et de repas en dehors de la métropole rouennaise sont pris en charge par Echelle inconnue.

Date limite de candidature : 02 octobre 2017
Durée du CDD : 8 mois

Envoyez un CV et une lettre de motivation à : lucie@echelleinconnue.net

Autres informations : www.echelleinconnue.net / www.makhnovtchina.org

tel : 02 35 70 40 05
Siège : 11-13 rue Saint Etienne des Tonneliers 76000 Rouen
Adresse postale : 50 bis rue Verte 76000 Rouen

EST - Garage ! гараж ! l’apocalypse a déjà eu lieu ! Projet de création documentaire en architecture avec les monstres urbains post soviétiques

Garages



Derrière l’université du MGU à Moscou s’étendent 8 000 garages de tôles ou de briques dont 4 000 on été détruits en 2015 : voilà Shanghaï. Une ville dans la ville, un État dans l’État pour certains. Dans ces garages il y a longtemps qu’on ne se contente plus d’y garer sa voiture. On y travaille, on y produit, on y mange, on y dort, on y vit ou on s’y cache. Les garagniks d’ici sont Russes, Arméniens, Géorgiens, Tatars ou Ouzbeks, professeurs d’université ou ingénieurs, mais plus souvent ouvriers ou techniciens ayant rompu avec l’industrie pour des raisons économiques et salariales ou simplement par ennui.

Sur des terrains prêtés aux coopératives d’employés soviétiques par l’État les garages ont poussé. Puis, peu à peu l’artisanat et le logement même s’y sont développés de manière autogérée. Quand les autorités disent « économie de l’ombre », les garagniks répondent, vie, survie, travail, débrouille. Car l’apocalypse a déjà eu lieu. C’était dans les années 1990 quand les villes russes se couvraient soudain de banques et de kiosques. Les cités de garages deviennent alors la réponse urbaine, économique et sociale à la dérégulation totale et brutale d’un pays qui n’existe plus. Solution de logement pour les migrants centre-asiatique mais aussi solution économique pour un pays entier. Ce sont des cités bricolées, qui constituent une autre fabrique de la ville, aujourd’hui pourchassée par les autorités, qu’il convient d’interroger.


Une traversée

Après avoir traversé et documenté la principale cité de garage de Moscou : Shanghaï (voir le film réalisé par Stany Cambot avec Ilya). Nous mettons nos pas dans ceux du jeune chercheur Sergueï Seelev et partons vers le Tatarstan à la rencontre des cités de garages de la fédération russe (lire l'article sur makhnovtchina.org). Là où se réinvente la ville et l’économie autour de la production parfois massive de meubles, de housse de voiture, de guitare, de jeux vidéo ou de meuble dans une complète indistinction entre l’artisanat et la start up. Invention populaire de ce qu’ici on tente de théoriser en « villes créatives » ou autres « pépinières » (suivant aussi en cela un modèle post-soviétique : celui du Berlin d’après la chute.)




Science fiction d’hier. Ville post-apocalyptique d’aujourd’hui

Ni bidonville, ni espace délaissé, ces cités provoquent un choc esthétique à l’œil occidental. Décor de film ou évocation du roman de Dmitri Glukhovski : Métro 2033 dystopie post apocalyptique dans laquelle ce qui reste de l’humanité se terre dans le métro de Moscou. On découvre comme ici, comme dans le roman, que les monstres et mutants ne sont pas si maléfiques que cela.

Voilà le motif de nos films à venir : nous voyageons en compagnie des monstres que l’État russe prétend maléfiques et veut éradiquer.

Suivre nos recherches et créations à l'Est de l'Europe sur l'onglet EASTERN du blog makhnovtchina.org.

Flamanville - Les bases vie ou la java de l’infrastructure : intentions du projet

Nous nous attacherons à documenter, avec ses habitants, cet habitat en milieu rural produit par le chantier de l’EPR, en réalisant un ou plusieurs films documentaires qui tisseront des liens avec les films réalisés en Russie dans le cadre du programme Makhnovtchina.



Les bases vie. Ou la java de l’infrastructure

Le territoire rural a changé de nature, c’est désormais un territoire urbanisé. La modification majeure dans le paysage du Cotentin aux alentours de Flamanville est produit par le chantier infrastructurel (EPR). Alors que les formes mobiles de l’habitat et plus largement de la ville sont réputées incompatibles avec la ville planifiée, elles sont cependant nécessaires voire souhaitées lors de travaux infrastructurels pour loger la main d’œuvre au plus près du chantier. Dans la mégapole moscovite, ce sont de véritables cités de containers abritant la main d’œuvre centre asiatique qui sont montées et démontées aux gré des transformations urbaines. L’occurrence contemporaine de ces logements ouvriers mobiles est en Normandie l’ensemble des bases vie destinées aux ouvriers de l’EPR à Flamanville et alentours. Sorte de camping, dérogeant en vertu des permis précaires aux règles d’urbanisme, elles dérogent aussi au droit commun du logement et rattachent la question du logement à celle du salariat, lien brisé dès l’après-guerre par le code du travail. Comme à Moscou, il s’agit d’enclaves « économiques spéciales » ou dérégulées accueillant travailleurs français comme travailleurs détachés. Ici le rôle de contremaître se confond aussi souvent avec celui de concierge ou d’applicateur du règlement intérieur. Des sociabilités, détournements et modes de vie subsistent et résistent pourtant. Au delà c’est l’environnement (la ville stable et cadastrée) qui est impacté. C’est, après avoir commencé un travail de recherche à Moscou (sur l’ensemble de la filière allant de la fabrication des containers à leur dépôts), ce que nous désirons réitérer ici : Dresser le portrait de la ville du monstre-ouvrier-forain dont la figure se confond malgré lui avec son habitat. Nous nous attacherons en outre, comme nous l’avons fait à Dieppe, à explorer en collaboration avec le CAUE 50 les occurrences historiques du logement mobile dans cette zone, du logement des mineurs, aux cités de transit, en passant par les « chalets suédois » et les logements provisoires de la reconstruction. En somme inscrire dans une histoire tue et clandestine ce mode de ville en milieu rural.

Le monstre

Dans son article De 1895 à 1912 : Le cinéma forain français entre innovation et répression publié par la revue de cinéma 1895, Arnaud Le Marchand, économiste à l’Université du Havre, exhumait un extrait d’un article publié dans le journal L’Inter Forain au début du siècle « le cinéma demeure le plus beau monstre de la foire ». Par là l’auteur entendait d’une part le merveilleux mais aussi ce qu’on mon(s)tre pour la prouesse technique et ingénierie qu’il représente. C’est sous ce prisme que nous désirons, résolument forains, filmer et dire cette ville autre et souvent fantasmée que les mots des marchands de murs ne peuvent embrasser. C’est aussi l’angle distancié et critique qui permet de faire sentir ces ambiguïtés mais aussi associer ceux qui la peuplent à la création.

C'est au bar la Forgette puis dans une de ces bases vie que nous avons déjà rencontré des ouvriers du chantier de l'EPR.
Vous pouvez lire les comptes-rendus de ces rencontres ICI et .

Camping Numérique : Intentions du projet

Le numérique ne vaut pas en soi. Il n'est révolution que par ses usages et applications. C'est son interférence avec nos réels quotidiens, sociaux, politiques, économiques, spatiaux et urbains qui nous intéresse ici, et que nous tenterons d'explorer, questionner et pratiquer.

Ce projet se construit à travers le Doctorat Sauvage, les ateliers du Hackerspace Ventres mous, les rencontres d'habitants mobiles avec le camion-cinéma MKN-VAN... Echelle Inconnue et le Hackerspace Ventres mous se regroupent ainsi afin de favoriser l'accès au numérique pour tous par la transmission et l'appropriation des technologies numériques, la diffusion des savoirs et l'expérimentation de nouvelles formes de production.

Le Doctorat Sauvage En Numérique s'ouvre pour la saison 2017-2018 : formation critique aux outils numériques donnant accès à la connaissance sur ces nouveaux outils et permettant d'interroger, comprendre et détourner les usages du numérique. Le DSEN aura lieu un lundi par mois (programme en cours de construction).



Le Hackerpace Ventres mous se réunit tous les lundis à partir de 19h30 dans les locaux d'Echelle Inconnue : les contacter via leur site ou twitter si vous souhaitez les rejoindre !



Les campements numériques ont débuté cet été par la création d'une éolienne et d'une climatisation avec Jean-Charles et Christine, couple habitant un camion indépendant en énergie. En attendant le tuto, vous pouvez découvrir les images sur notre blog makhnovtchina.org ICI.



Le premier journal "Éventrer la machine" sur le bricolage et le hacking ouvrier est paru en mars 2016 : à télécharger ou commander ICI.


Makhnovtchina sur l'axe Seine - Les ports de Limay et Gennevillers : intentions du projet

Seine, Moskva, Bîc, Dniestr... Partout sur le parcours de la caravane Makhnovtchina revient le fleuve. Vecteurs historiques d'échanges, de mouvements, les fleuves sont également des points d'ancrage temporaires pour les nomades de la ville mobile.

Echelle Inconnue se questionne sur l'importance des fleuves dans la structuration de la ville et de ses aménagements, et dans la réinterrogation des théories de l'infrastructure.

Mariniers, migrants, forains, travellers, ouvriers en camion, autant d'habitants mobiles pour qui le fleuve devient lieu de vie, de travail, de refuge.

Résidence aux ports de Limay et de Gennevillers :



En 2017, nous allons explorer cette question en interrogeant des espaces pluri-institutionnels dont l’expansion territoriale modifie les pratiques d’habiter et l’économie liée (très visible à Limay, aux marges du quartier Centre-Sud) et, dans le même temps, engendre de la mobilité.

Une traversée, pour entendre comment l'expansion des ports rejette, interdit, tolère, s'arrange, appelle ou fabrique la mobilité et le nomadisme. Ce nouveau projet est le prolongement d’un travail mené depuis 2010 sur ce sujet qui prenait pour centre, l’Axe Seine en Normandie (et le projet du Grand Paris vers l’Ouest).

Lire l'article sur les cités de transit du port de Gennevillers sur Makhnovtchina.org : ICI.


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